Le Tourbillon

(Pourquoi ce blog ?)

Pas tous les jours, mais souvent (parfois pour être plus juste), si mon corps se réveille lentement, c’est pour laisser libre cours à des pensées tantôt futiles, tantôt plus fondamentales. Un rien, un petit signe, le sifflement d’un oiseau, le tremblement occasionné par le passage d’un tracteur, un mot entendu à la radio allumée ce matin on ne sait pas par qui, ou bien une réflexion découlant des derniers arguments entendus à l’émission de télévision que j’aurais regardée la veille (fait cependant rare), bref, un rien, dis-je, provoque un tourbillon de pensées, d’appréciations, de réflexions, dessinant petit à petit une conviction plus ou moins solide sur des questions aussi diverses que la défense de la ruralité ou la mission de l’humanité.

Quand j’entends les « analystes », spécialisés dans les domaines qui m’intéressent (car il y a aussi les spécialistes du sport, sujet qui me tracasse peu, je l’avoue, quoi que…), quand j’entends les spécialistes qui analysent les évènements de la veille et en concluent chaque fois, comme un Jean-Marc Sylvestre en puissance, qu’il « n’y a pas d’autres solutions et ce… pour une raison bien simple… », je me dis que je ne suis pas forcément moins armé qu’eux pour faire des analyses qui tiennent debout, même si elles peuvent être largement contestées.

Car, en fait, si l’analyse politique, ou la réflexion sur tout problème de société était une science exacte, il est fort probable que tous les experts -de métier- arrivent à la même conclusion. Ce n’est pas le cas, heureusement, et l’analyse n’est donc pas une science exacte.

Dès lors qu’elle s’appuie sur des faits, sur la mise en relation de plusieurs d’entre eux et sur des valeurs définies clairement, toute analyse est acceptable, honnête mais toujours autant contestable. Contestable parce que les faits qu’on analyse, les liens qu’on développe entre eux, les valeurs que l’on défend sont tout simplement des choix personnels même s’ils sont parfois (toujours ?) inculqués par notre entourage et par notre expérience…

Voilà typiquement un petit bout de ficelle qui, si je commence à le tirer, va dérouler une pelote dont je n’imagine pas la grosseur et qui provoque, en tournant, le fameux tourbillon.

Alors, mes analyses, mes pensées, mes réflexions sont-elles plus ou moins pertinentes que celles des Sylvestres ? Ni plus ni moins, que je me dis. Pas plus, parce que je vais sans doute passer moins de temps à cogiter, à rechercher des éléments tangibles pour étayer mon analyse. Pas moins, car ma réflexion s’appuie sur des valeurs auxquelles je peux m’accrocher. Sylvestre, lui, omet toujours de citer les siennes, faisant croire aux auditeurs qu’il a raison de manière universelle. Finalement je crois être plus près de la vérité tout simplement parce que je parle de mes convictions et non pas d’une Vérité Universelle et que j’admets toute la complexité des explications possibles, contrairement à la « raison bien simple » des Sylvestres. De plus, je n’ai pas l’ambition de parler au peuple, juste coucher sur un support des réflexions partageables avec ceux qui le veulent bien, restant persuadé que ce que Jean pense n’a pas moins de valeur que la pensée de nos penseurs de métier.

Jean(*)

(*)Si mon état civil me donne naissance en janvier 1952, Jean, lui, est né le 20 septembre 2012 pour la cause.

 

2 Commentaires

  1. drot

    24 septembre 2012 à 11 h 14 min

    J’ai d’abord cru que tu voulais coucher avec le peuple…mais seulement avec le papier( c’est plus raisonnable )
    Quant aux valeurs universelles, il doit quand même y en avoir quelques- unes ou du moins universalisables, qui dépassent les cultures.
    Peut- être même ne faut-il rien céder sur ces valeurs.Bien sûr en dehors de celles-ci il, y a tout un fouillis de « vérités »qu’il faudrait peut- être pousser pour voir si elles s’inscrivent dans une de ces valeurs universelles?.( qu’il te reste maintenant à définir…)

    Bon courage et à te lire et te relire Amitiés

  2. Alain QUIOT

    7 novembre 2012 à 9 h 03 min

    Bonjour,
    Le propos de Jean m’est venu à moi aussi. J’en ai assez d’avoir des informations analysées par des politologues « politiquement correct ». Aujourd’hui avec l’installation de l’état (et non république) PS, ils vont faire des « petits ».
    Je pense que le citoyen français passé par l’école de la République sait penser et organiser sa pensée sans avoir des mécènes du capital ou de la social-démocratie (J’ai un ami qui affirme que c’est la même chose. Je veux bien le croire.) qui lui expliquent LEURS EVIDENCES.
    Mes valeurs sont les valeurs du peuple <> Effectivement les valeurs n’ont de valeur que par ceux qui les portent.
    J’arrête ma réflexion et vous dis à bientôt.
    Fraternellement.