POUR UNE LOI ANTI CASSEURS!

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Oui, les casseurs doivent être les payeurs,

Oui, les casseurs doivent être identifiés et fichés.

Oui, les casseurs doivent être condamnés.

Oui, les casseurs doivent être en incapacité de nuire.

Oui, le bien public doit être sauvegardé.

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Rappelons d’abord que les dépenses publiques servent essentiellement à financer les services publics qui, par leur développement, particulièrement après la seconde guerre mondiale, ont amélioré la vie quotidienne des millions de concitoyens en améliorant les écoles , les hôpitaux, les routes, la gestion des forêts, les musées, l’aide à la culture, le développement des communications, la fourniture d’énergie, la gestion des déchets, des transports et bien d’autres domaines. Une autre partie, directement reversée aux ménages, a pour mission de réduire les inégalités en aidant les plus démunis.

Les services publics avec leur développement dans les territoires les plus reculés étaient le lien social, le lien entre les citoyens et la République.

Les guichets d’accueil du public dans les entreprises publiques, dans les administrations permettaient d’expliquer les situations, de comprendre les réglementations, de trouver des solutions entre les individus et l’administration en appliquant les règles de façon intelligente.

Qu’en ont-ils faits ?

Les grandes entreprises nationales, rentables, dont les services étaient d’une qualité incontestée ont été bradées :

EDF, GDF, par exemple. Le seul objectif des nouvelles entreprises est devenu officiellement la rémunération des actionnaires avec pour conséquences baisse des effectifs, services dégradés, fermeture complète des accueils physiques, il ne s’agit plus que de verser des dividendes qui représentent des milliards d’euros chaque année !

D’autres dans l’attente, se voient mises en concurrence et la SNCF, autre exemple, une fierté de l’exactitude est devenue un calvaire pour les voyageurs : Retards incessants, prix incompréhensibles, réduction des guichets, mise en concurrence pour que des compagnies de bus plus dangereux, plus pollueurs, pour des trajets moins rapides puissent engranger des profits.

Les reculs sociaux qui marquent les politiques menées depuis une quarantaine d’années, ont rendu la vie moins facile à des millions de personnes tout en provoquant des risques non mesurables sur la pérennité même de l’humanité. Tout doit être exploité au plus haut niveau, le fruit doit être pressé pour en sortir la dernière goutte. La terre doit fournir tout son jus, les hommes aussi.

Les institutions ne sont plus respectées parce que les institutions n’ont pas respecté les citoyens.

Les liens avec la République ont été sabotés.

L’agression est permanente . Les appels téléphoniques intempestifs de démarchage commercial saccagent les journées des personnes âgées qui ne décrochent plus sans un processus complexe de vérification, la publicité envahit l’environnement quotidien, tous les lieux, tous les instants sont soumis à cette pression.

La perte de confiance est totale notamment envers les commerçants parce que l’objectif connu désormais est de vendre pas de répondre à un besoin, envers la médecine parce que l’objectif premier des laboratoires, devenus des multinationales énormes, est de rémunérer les actionnaires pas de guérir ou de soulager.

La mise en concurrence des entreprises, prolongée par la mise en concurrence des salariés entre eux provoque des déchirures dans les liens que les ouvriers entretenaient entre eux. Développement de l’individualisme, perte de solidarité et de fraternité, disparition des objectifs communs, c’est le chacun pour soi qui est mis en valeur.

La violence dans la rue prend ses racines dans des violences moins photogéniques, moins spectaculaires mais combien plus meurtrières.

Alors oui, il faut identifier les casseurs.

Les casseurs de services publics, disparus des campagnes en 15 ans, comme la Poste, les impôts, les maternités, les hôpitaux ou en ville où les guichets ont disparu, et partout internet devenu prétexte à la disparition des relations humaines, oui, les casseurs de services publiques ont provoqué beaucoup plus de dégâts que les violences de rue en décembre. Parce que pour ces gens-là, les hommes et les femmes ne comptent pas. Seuls le montant du compte en banque, la grandeur du patrimoine, le taux de la croissance boursière sont intéressants.

Qu’importe que la terre se meure, qu’importe que la vie se dégrade pour des milliers , des millions de gens, qu’importe que l’avenir s’assombrisse pour la majorité des peuples, pourvu que ces gens-là se gavent, qu’ils grossissent, qu’ils s’émerveillent de leur avidité de l’argent et du pouvoir.

Oui, les casseurs de lien social, les casseurs de vie, les casseurs de progrès social doivent être condamnés.

Bernard Arnault et les siens devront un jour ou l’autre payer la facture.

Leurs larmes sur la violence des gilets jaunes ou de ceux qui les accompagnent ont encore aujourd’hui un effet sensible sur beaucoup de citoyens qui pleurent avec eux la destruction de matériels ou les coups portés à des hommes cachés derrière leur boucliers, casques et matraques.

Mais,

Quand chacun aura pris conscience que la véritable violence est celle que ces gens-là assènent à la majorité de la population,

Quand chacun aura identifié les vrais casseurs que sont les actionnaires des entreprises du cac 40 qui dictent leurs ordres au pouvoir politique, aidés par des sous-fifres efficaces, présents en permanence dans les couloirs des institutions démocratiques,

Quand chacun aura pris conscience que les véritables décisions économiques et sociales sont élaborées dans les bureaux du MEDEF, le syndicat des patrons,

Quand chacun aura pris conscience du mensonge perpétuel annoncé chaque jour dans les médias tenus par ces gens-là, notamment sur la dette, sur la nécessité de réduire les dépenses publiques, sur la violence, sur l’absence d’alternatives au système économique dominant, sur la nécessité de la libéralisation du marché, sur le « coût » du travail…

Quand la casse d’une vitrine d’un magasin des Champs Elysées, faisant perdre 50 000€ de chiffre d’affaire en une journée, paraîtra un petit rien à côté de la violence policière exercée sur un homme de 50 ans qui ne réclame que la possibilité de manger jusqu’au dernier jour du mois,

Quand chacun comprendra que les immigrés ne sont pas la cause des injustices sociales et des inégalités insupportables que crée le système économique qui domine le monde,

Quand chacun verra en l’autre de même condition, un allié plutôt qu’un étranger étrange dont il faut se méfier.

Alors les casseurs, ainsi identifiés seront jugés.

Alors les casseurs seront condamnés.

Alors les casseurs seront mis en incapacité de nuire.

Alors les casseurs devront payer.

L’ordre et le bien public seront ainsi sauvegardés.

C’est peut-être contestable, c’est sans doute discutable, mais c’est, en tout cas, ce que Jean pense.

 

 

 

3 Commentaires

  1. Sylvie

    9 janvier 2019 à 10 h 09 min

    Bien dit !

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  2. Jacquot

    9 janvier 2019 à 10 h 56 min

    excellente analyse à laquelle je ne peux qu’ adhérer, j’en suis convaincu !
    tu penses bien, Jean

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  3. MARCO

    13 janvier 2019 à 22 h 41 min

    rien à ajouter
    on va rejoindre les gilets jaunes ???

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