SEXISME ? LETTRE OUVERTE A DAMART

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Chère Madame ou cher Monsieur, Mon ou Ma Responsable de Boutique DAMART,

J’ai reçu ce matin une lettre par laquelle vous m’indiquez vouloir établir « un lien très particulier, une complicité certaine, une relation privilégiée qui s’embellit au fil du temps… ».

Je ne vais pas ici développer l’opinion que je porte à toute publicité mais sachez que je la considère toujours portée par le mensonge, et dans votre cas particulièrement hypocrite, donc sans grand intérêt pour moi. Je sais , par contre, qu’elle peut en avoir pour vous, car il s’agit ni plus ni moins que de vendre pour en tirer profit.

Mon courrier n’a donc pas pour objet la critique du contenu de votre lettre mais l’expression du décalage qui s’en dégage entre votre approche commerciale, voire culturelle et l’évolution de la société.

Alors que le sexisme est dans tous les milieux sujet de réflexion et de prise de conscience, vous montrez, à cet égard, un conservatisme, une vision ringarde qu’il n’est plus possible d’accepter sans réagir.

D’où vous vient donc cette idée bien ancrée dans votre communication, mais aussi sans doute dans vos logiciels de gestion de votre clientèle que justement, votre clientèle est seulement féminine et que, par conséquent, dès lors qu’on vous laisse un nom, vous vous sentez obligé(e?) de vous adresser à une cliente, même si mon prénom aurait du vous surprendre.

Que les choses soient claires. Je ne suis pas choqué pour avoir été confondu avec Madame, mon troisième prénom pourrait d’ailleurs prêter à cette confusion, et puis j’ai bien trop de respect pour les hommes et les femmes pour m’offusquer d’être pris pour une autre !

Non, je suis tout simplement choqué par cette automatisation de la communication qui s’adresse aux femmes exclusivement, comme si seules les femmes pouvaient (ou devaient) acheter des sous vêtements dans votre boutique. C’est fâcheux.

Il ne s’agit évidemment pas d’une erreur. Partout ici le féminin l’emporte.

Pour une fois, me direz-vous ? Hélas c’est ici, pour une mauvaise cause. J’ai vu, dans votre lettre, la femme acheteuse et dépensière, celle qui se laisse attirer par des boniments flatteurs « J’aimerais que cela reste entre nous car c’est un privilège que j’accorde uniquement à mes plus fidèles clientes, comme vous », qui se laisse emporter par une publicité que vous ne feriez pas si elle n’était point efficace.

J’eus été fier qu’on me prenne pour une femme, si l’image qu’on en donnât fut positive. Dans votre cas c’est tout l’inverse à en croire que cette communication fut pensée par un homme !

Il y a tellement d’hypocrisie dans votre courrier qu’on peut douter aussi de sa signature. Quel est donc cet être nommé « Votre Responsable de Boutique » sans nom, sans genre de telle sorte que je ne puis savoir si je m’adresse à Monsieur ou Madame.

Je ne suis ni la cliente fidèle que vous tentez de séduire, ni suffisamment influent pour vous faire du tord. Vous pouvez donc ignorer cette cliente mécontente, surtout si c’est un homme ajouterez-vous peut-être.

Troyes, le 31 juillet 2018

Marc GEHIN

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Un commentaire

  1. Drot

    2 août 2018 à 15 h 40 min

    Bravo,un courrier dont on rêve qu’ il se transforme en pétition.
    A bientôt ,l’ardèche est toujours aussi belle.(le féminin serait il plus beau:machisme?prochain débat)

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