Recomposition et décomposition politique.

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S’il est incontestable que le nouveau Président de la République accumule les réussites (on dit de lui qu’il réussit tout ce qu’il entreprend), la recomposition politique en cours, importante, historique, ne fait qu’éclaircir un paysage rendu flou à l’extrême par les comportements contradictoires des forces politiques traditionnelles durant plusieurs dizaines d’années.

Certes, par le discours et les termes inchangés des médias, la confusion continue de s’affirmer.

Ainsi, Macron est encore qualifié d’homme de gauche par de nombreux journalistes et le gouvernement mené par un homme de droite, serait composé d’hommes et de femmes de droite et de gauche et du centre, bien entendu.

En fait, Macron, qui s’est lui-même qualifié ni de droite, ni de gauche, est de droite, tout simplement.

Il y a belle lurette que le terme « de gauche »,utilisé par les médias pour désigner le Parti Socialiste et ses alliés, ne fait jamais référence aux valeurs qui déterminent une politique, un idéal, une opinion « de gauche ».

C’est ainsi que les « commentateurs » sont amenés à classer Mélenchon à l’extrême gauche, comme on classe Le Pen à l’extrême droite.

Il serait donc extrémiste de considérer que le capitalisme n’est pas le seul système économique possible, qu’il comporte en lui les causes de la souffrance des peuples et les racines des inégalités économiques.

Il serait donc extrémiste de considérer que la concurrence, la compétition économique engendrent des comportements d’affrontement entre les peuples et entre les individus.

Il serait donc extrémiste de considérer que l’accumulation du capital entre les mains d’une caste qui dirige le monde dans l’ombre est la source des difficultés rencontrées par les populations.

Il serait donc extrémiste de considérer que la mise en place d’urgence de règles drastiques, nécessaires au sauvetage de la planète et des générations futures, est strictement incompatible avec une économie libérale qui cherche toujours à se libérer du poids des règles édictées par les Etats dans l’intérêt général.

Il serait donc extrémiste de considérer que la diminution des dépenses publiques va à l’encontre de l’intérêt des populations laborieuses.

Soit, mais en portant ce qualificatif, les médias cherchent à faire peur.

Il n’y aurait donc qu’une analyse critique des décisions politiques admissible que si elle ne remet pas en cause le système économique ?

 

Le « rassemblement » que va réussir Macron est bien celui-là : Tous les ministres, qu’ils soient issus de la famille des Républicains ou du Parti Socialiste défendent la libre entreprise, la diminution des dépenses publiques, la concurrence libre et non faussée.

Macron rassemble ceux qui se concurrençaient sur le plan du pouvoir, pas sur le plan des idées. Marine Le Pen a fait son succès sur le slogan UMPS. Par la droite et par cette gauche « libérale » (oxymore) toutes les directives européennes ont été effectivement votées.

La loi Travail, dite loi El Kohmri, n’est pas une loi qui s’appuie sur des valeurs de gauche, la réforme de la retraite, votée en 2013, ne s’appuie pas sur des valeurs de gauche, Gérard Filoche l’avait criée fort sans être entendu. Aucun député qui a tenté de défendre les valeurs de gauche pendant le dernier quinquennat ne se retrouve dans ce nouveau gouvernement, et pour cause. Il s’agit simplement d’un gouvernement de droite. Les masques tombent.

 

La Gauche doit alors se relever. Car elle existe encore, même si les sirènes attendrissantes de la « nouvelle façon » de faire de la politique peuvent piéger bon nombre d’électeurs qui ont envie d’y croire.

Les élections législatives montreront sa représentativité. On fera le total des voix recueillies par les candidats de la France Insoumise, du PCF, de Lutte Ouvrière et du NPA. On s’apercevra, hélas, qu’après des décennies de politique libérale, les français exprimeront leur désir d’en prendre encore pour au moins 5 ans.

 

 

Nicolas Hulot fait figure d’exception dans ce gouvernement. Ces déclarations et son analyse l’ont amené à remettre en cause le système économique et politique :

Juin 2012

« Il faut une révision complète de notre modèle économique et de notre modèle de gouvernance, parce que le pouvoir n’est pas là où on croit, et que ceux qui ont la main sur le sort de la planète, ce ne sont pas les responsables politiques, c’est le pouvoir économique »

Il a finalement accepté de tomber dans un piège qui ne sert qu’à semer le trouble. Rien dans les déclarations de Macron ne laisse entrevoir de grandes ambitions écologiques. Nicolas sera vite confronté à cette insupportable contradiction : l’incompatibilité entre un monde dirigé par des assoiffés du fric, qu’il dénonce, et la nécessaire solidarité entre les hommes, tous les hommes, pour sauver ce qui peut encore l’être.

 

L’espoir viendrait en rêvant qu’Emmanuel soit suffisamment malin pour faire admettre aux grands de ce monde (ceux qui sont dans l’ombre des assemblées démocratiques) qu’ils doivent cesser de piller les ressources naturelles pour gonfler leurs comptes bancaires. L’autre hypothèse est que Nicolas y perde de sa crédibilité.

Pas optimiste tout cela, mais un jour viendra…

Et, pour l’heure, c’est ce que Jean pense.

2 Commentaires

  1. millereux

    18 mai 2017 à 8 h 18 min

    Nicolas hulot n’est ni de droite ni de gauche il est lui même; un égo démesuré. Une gamelle alimentaire; l’écologie. Patronné par Bouigues et total le premier faisait une audience publicitaire à TF1 le deuxième une image gratuite pour les majors compagnies. On ne peut rêver mieux, la quintessence de l’écolo compatible avec le système capitaliste dont les trois principaux postes sont échus à la droite…pour l’histoire hulot c’est découvert écolo quand il a été embauché à TF1 pour faire ouschou aî aî (partout polluant des territoires avec son équipe de TV uniquement soi pour se mettre en valeur soi pour uniquement capter des images inaccessible au commun des mortels , après avoir quitté France inter où il animait une émission le soir l’écologie n’étant jamais citée

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  2. Lerondeau

    18 mai 2017 à 15 h 10 min

    En accord avec ton analyse mais sourcilleux sur le paragraphe consacré à la gauche de transformation (comme on dit)
    Pourquoi parler des  » sirènes attendrissantes » même si l’on sait que cette « nouvelle façon de faire » n’est nouvelle en rien.
    Si tu penses que ceux qui y croient vont se faire pieger signifie que tu as deja un apriori sur le discours et le programme de F.I.. Cela signifie pour moi que tu penses que,comme les autres partis, c’est de l’esbrouffe.
    Possible, l’avenir nous le dira mais deja la dynamique créée et la nouvelle envie de participer  » à la politique » nous oblige à considerer le possible comme réalité. Deja certaines regles (si elle sont mises en place) devraient nous permettre de tourner la page et de vivre un autre type de démocratie.
    Qauand au quelques lignes sur les legislatives à venir, je n’ai pas compris si tu desirais des candidatures uniques.
    Si oui, sur la bases de quoi?Tous contre Macron? Tous contre son gouvernement? Avec le programme de F.I.? P.C. ,P.G;?

    Bises

    gg

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