Il va falloir choisir !

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Bien que les commentateurs politiques tentent de nous influencer, alors que les sondages ont été défiés par toutes les élections dans la dernière période rien ne doit nous empêcher de choisir en toute connaissance de cause, en fonction de notre conscience.

Bon nombre d’électeurs se laisseront tenter par le bulletin du Front National dont l’audience grandissante est le fruit du comportement politique des uns et des autres dont les actions politiques ont donné une image répulsive des partis politiques « traditionnels », notamment en effaçant les différences qu’une alternance devait au contraire mettre en lumière. (Lire ou relire un article d’octobre 2013 -déclaration de Gérard Filoche-)

Le slogan UMPS du Front National s’en est trouvé renforcé.

Le processus électoral a pour objet de redonner à la population la possibilité de décider.

Ceux qui choisiront de mettre dans l’urne le bulletin de Marine Le Pen prendront une lourde responsabilité : Ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. La préférence nationale, le rejet des immigrés, l’instrumentalisation des religions, le rejet des problèmes économiques et sociaux sur une partie de la population, la xénophobie sont des sources évidentes de haine qui peuvent déboucher sur des comportements de violence. Les options choisies et proposées par Marine Le Pen sont dangereuses. Elles sont en tout point similaires à celles que proposait Adolphe Hitler, en Allemagne, avant son accession légale au pouvoir. Les électeurs qui feront ce choix porteront seuls la responsabilité d’une accession à la Présidence de la République de Marine Le Pen, si cette option venait à se produire.

On ne peut demander aux autres, de sacrifier leur propre choix, au nom d’une sainte option républicaine qui consisterait à voter pour un candidat dont on ne souhaite pas l’élection, juste pour éviter le pire.

Le pire, c’est au premier tour qu’il adviendra. Marine Le Pen qualifiée pour le second tour est une éventualité qu’il ne faut pas tenter. On ne joue pas avec le feu.

Quant au vote utile, il est simple : onze candidats se présentent à nos suffrages. Ce sont eux qu’il faut écouter et non les commentateurs. Ils ont tous des propositions différentes, parfois proches, parfois très éloignées. En conscience nous devons chercher à nous exprimer en votant pour celui des candidats qui nous semble le plus proche de ce que nous pensons, de ce que nous souhaitons.

Aucun bulletin glissé dans l’urne ne sera perdu. Seuls les électeurs qui ne se déplaceront pas resteront sans voix.

La notion de petits candidats est lié aux statistiques et aux pronostics. Mais les élections ne sont ni une loterie, ni un tiercé.

Les candidats arrivés en tête seront en tête parce que les électeurs auront été nombreux à voter pour eux. Si le résultat doit représenter la volonté populaire, il faut que chacun vote en fonction de sa conscience et non en fonction de l’appréciation que les médias nous donnent des chances de gagner des uns et des autres.

Il faut donc s’attacher à comprendre le message des candidats et mesurer le degré de confiance qu’on est capable de leur octroyer. Malheureusement, les expériences nombreuses de déception ne portent pas à la crédulité. Lequel croire plus qu’un autre ?

En éliminant le choix du Front National qu’il faut éviter de mettre au second tour, il reste un large panel de propositions que défendent les 10 autres candidats.

Il est assez étonnant et particulièrement paradoxale de voir que Macron aurait le soutien d’une grande partie de la population. Il est, parmi les candidats, celui qui a contribué le plus aux décisions politiques prises pendant le quinquennat qui s’achève. Pendant plus 4 ans, conseiller de l’Elysée puis Ministre très influent du gouvernement Valls, Macron n’a jamais à s’expliquer, à défendre les mesures dont il est l’auteur et pour lesquels les sondages d’opinion nous disaient que la majorité de la population était contre. La déception Hollande ?, la popularité du Président Hollande ?, la réforme des retraites, la loi Travail, la libéralisation des professions encore réglementées? le CICE… rien de tout cela n’est assumé par ce candidat et personne ne semble lui reprocher, comme si François Hollande avait tout décidé seul contre l’avis de ses conseillers. Alors comment est-il possible que « l’opinion » aussi déçue de la politique menée pendant 5 ans, soit favorable à la candidature d’un homme qui ne propose que des solutions qu’il pioche en partie dans le programme de la « gauche de gouvernement » (de Valls donc) et en partie dans le programme de la droite (de Fillon, donc), c’est-à-dire dans ces programmes dont personne ne peut dénouer les différences de fond, programmes qui défendent le capitalisme ultra-libéral soutenu par l’Union Européenne.

Hormis sa jeunesse et son indépendance partisane, le jeune Macron représente, en fait, la synthèse des partis « traditionnels » dont personne ne veut plus, nous dit-on. Étrange paradoxe.

Porter Fillon à la responsabilité suprême de la République remettrait en selle les vieilles recettes libérales si bien défendues par Sarkozy, dont il a été Premier Ministre pendant 5 ans. La destruction des derniers remparts de notre protection sociale, la volonté de faire porter par la population laborieuse les efforts nécessaires au développement des profits capitalistes, la construction d’une humanité de plus en plus inégalitaire sont les fondements de ses propositions. Fillon ne peut pas être habilité à gouverner.

Hamon a été lâchement lâcher par les siens. On aura rarement vu une campagne électorale aussi detéstable, parsemée de trahisons, de complots, de mensonges en pleine période où le sentiment de rejet par la population de la gente politique est à son comble ! C’est un comble !

Hamon en est victime. Mais n’est-ce point le résultat d’une incohérence ? Frondeur, opposé aux mesures anti sociales du gouvernement « socialiste », il s’est exprimé avec force, mais en restant au Parti Socialiste, en restant dans le groupe Socialiste à l’Assemblée Nationale, en croyant peut-être pouvoir changer les choses de l’intérieur, comme son camarade Filoche. C’est finalement bien peut connaître le Parti Socialiste d’y avoir cru. D’autres en ont pris conscience bien plus tôt ! Sa défense de l’Europe ne le différencie finalement que peu des autres candidats libéraux. Il est, peut-être hélas pour lui, le représentant officiel d’un parti qui a perdu toute légitimité.

Si Asselineau, Cheminade, voire même Dupont-Aignan ont chacun des analyses intéressantes, aucun d’entre eux, tantôt clairement pour un repliement derrière des frontières fermées, tantôt avec des propositions plus libérales, ne proposent de sortir d’un système économique et sociale qui conduit au développement des inégalités. Quant à la défense de la ruralité, prônée par Lassalle, elle ne peut, à elle seule, être une ligne politique indiquant vers quel type de société, vers quelles relations économiques et sociales se dirigerait un Etat présidé par lui.

Reste les candidats de Lutte Ouvrière et du NPA dont le discours marque une différence fondamentale avec tous les autres. Ils sont les seuls à proposer une alternative révolutionnaire qui remette en cause le fondement de notre système économique et social. Leurs discours sont les seuls à être à contre courant du « système » tellement décrié par beaucoup d’autres candidats. Les journalistes ont d’ailleurs quelques difficultés à les interviewer, leurs réponses sont souvent très différentes de celles des personnages politiques traditionnels. Ils ne cherchent pas à « rassembler » pour être élus, ils veulent être la voix de ceux qui travaillent.

L’un ou l’autre aurait pu être mon préféré dans une campagne électorale tellement délétère qu’elle risque d’éloigner fortement encore beaucoup d’électeurs des bureaux de vote.

L’un ou l’autre l’aurait été si je ne croyais pas à une possibilité que la réalité soit autrement que ce que les experts nous disent.

Ne pas voir qualifier pour le second tour Marine Le Pen, c’est possible,

Donner la victoire à un candidat qui remette en cause cette Veme république à bout de souffle, c’est possible,

Donner la victoire à un candidat qui prenne en compte dans toutes ses propositions de fond la dimension planète et environnement, qui remette en cause les traités européens, source de cette soumission aux directives anti démocratiques décidées par l’UE, c’est possible,

Donner la victoire à un candidat qui s’engage à donner la voix au peuple, pour redonner envie de s’impliquer pour un idéal positif, un candidat qui ne promet pas de pouvoir faire sans nous. c’est possible,

Parce qu’il est possible que la population laborieuse ne se laisse pas glisser dans le piège du rejet des autres et de la division, parce qu’il est possible que la population ne se laisse pas attendrir par des recettes déjà éprouvées et inefficaces, parce qu’il est possible que la population ne se laisse pas influencer par des sondages, des commentaires d’experts, parce qu’il est possible qu’un jour les peuples prennent conscience de leur propre intérêt face à ceux qui les enfument, il est surement possible que les choses changent véritablement.

Alors, on l’aura compris, Mélenchon est, en dernier ressort, celui qui peut bouleverser les pronostics. Il représente l’alternative qui permette de ne donner sa voix :

ni à ceux qui prônent la haine, désormais aux portes du pouvoir,

ni à ceux qui, par leur mépris des peuples, ont conduit à cette éventualité tant redoutée.

 

C’est tout à fait contestable mais surement pas idiot.

C’est, en tout cas, ce que Jean pense, et il n’est pas le seul…

 

 

 

 

6 Commentaires

  1. Eric NOEL

    12 avril 2017 à 23 h 58 min

    Jean doit être un jeune sympathisant, il écrit Mélanchon au lieu de Mélenchon.
    Sinon, c’est un bon choix, mais pas par défaut, par conviction.

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    • Jean

      13 avril 2017 à 0 h 18 min

      Euh…Merci tout plein, faute corrigée.

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  2. FOUCHER Martine

    13 avril 2017 à 9 h 55 min

    OUI, OUI, votons JLM au 1er tour pour qu’il puisse accéder au 2ème tour … nous aurons ainsi l’avenir en commun, quelle belle perspective, construire ensemble un monde meilleur, un monde en paix… ça va pas être facile mais la force est dans le peuple qui, lorsqu’il s’engage, surmonte les obstacles. Et les yeux grands ouverts nous préparerons un avenir plus radieux aux jeunes, aux personnes âgées, aux salariés, aux ouvriers, aux cadres, aux petits entrepreneurs, aux animaux, à notre terre…. Quant aux puissants, ils n’auront qu’à bien se tenir et partager l’intérêt général !!

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  3. millereux

    13 avril 2017 à 10 h 09 min

    audience prend un e et non un a la révolution commence mais finira bien… agir au plan local dans une démarche globale.

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  4. drot

    17 avril 2017 à 19 h 47 min

    L’Avenir en Commun: C’est encore loin?
    Il faut que JL Mélenchon soit élu,puis il faudra continuer les luttes.D’abord,les « dominants »n’abandonneront pas leurs privilèges.
    Et ensuite, continuer ,car la 6e république,le programme ,ne représentent qu’une étape,indispensable comme possible,mais une étape,un temps nécessaire.Il faudra se former,changer nos mentalités ,afin que nous ne soyons plus que des consommateurs:ouvrir sur d’autres désirs…
    Comprendre le monde tel qu’il est,pour pouvoir dépasser le capitalisme.L’avenir nous appartient…
    Bien sûr,tu as raison,d’abord convaincre ,de voter Mélenchon.
    Amitiés

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  5. doudouille

    21 avril 2017 à 18 h 47 min

    ce que j’en pense n’est pas trop éloigné de ce que tu penses Jean. A la différence de toi, je n’écoute pas ce que dises les autres, notamment à droite.
    Pour ce qui est de Hamon, n’a t il pas ce qu’il mérite, comment a t il pu croire que le gouvernement actuel le suivrait ainsi que le PS d’ailleurs ? ne se souvient il pas de ce qu’il s’est passé durant ces quatre dernières années, des prises de positions de Hollande & Vals. Quel doux rêveur, mais bon, il pourrait incarner le NPS dans les années à venir, mais avec qui ?
    Par contre, je ne partage pas ton regard sur le NPA & surtout LO. Quand ils disent parler aux noms des travailleurs, je pense que c’est surtout aux noms des travailleurs comme eux les souhaiteraient. Ils y a moins de travailleurs qu’avant, mais qu’en même beaucoup plus que ceux qui votes pour eux. Qui aujourd’hui souhaite réellement la révolution ? pas grand monde et c’est tan mieux.

    Pas de soucis, Mélenchon au premier et second tour, sinon blanc au second.

    Belles discutions en perspective pour lundi midi….

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