L’Etat et le savoir faire.

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Quand les affirmations sont posées calmement et simplement, elles m’interpellent, me turlupinent. Le matin, dans mon oreiller tout chaud, se réveille doucement une lumière douce qui éclaire mes doutes.

Ainsi, mes nuits étaient-elles menacées d’insomnies par cette explication toute simple donnée par le gouvernement pour justifier qu’une nationalisation même temporaire, même partielle des hauts fourneaux de Florange n’était pas la bonne solution.

Sans doute, dans la société d’aujourd’hui, il eut fallu un grand courage pour affronter les lobbies, les pressions énormes que peuvent exercées les forces du capitalisme.

Bien des arguments pouvaient étayer cette impossibilité de nationaliser pour un gouvernement de gauche. Par exemple, et tout simplement… « Ils ne veulent pas ! »

Qui ça, ils ? Ben, ceux qui détiennent vraiment le pouvoir : les dirigeants des grandes entreprises, les banques, tous élus démocratiquement comme chacun peut le savoir et puis, j’allais l’oublier, le marché. Le marché est un pouvoir obscur qui réagit à tout événement économique de façon si humaine. Le marché est parfois frileux, parfois inquiet, réjouit, plein d’élan, triste ou réconforté au gré des informations économiques publiées par des organismes non moins obscurs. Quel citoyen peut contrôler ces informations et, qui plus est, les réactions du marché ? Il faut remarquer, d’ailleurs, que personne ne songe à le qualifier de démocratique ce marché. Il ne l’est pas, c’est une chose entendue, on n’a donc rien à réclamer. Ni droit au regard, ni droit à la parole. Le marché est malade ou il va bien, les experts sauront nous expliquer ce qu’il faut en penser et comment se sacrifier pour lui. Bon, je m’égare car ce n’est pas le sujet.

Revenons à cette réponse qu’aurait pu faire le gouvernement de gauche : « Ils ne veulent pas !»

C’eût été un aveu d’impuissance-que pourtant personne ne nie aujourd’hui- et une mise au clair de cette vérité que les pouvoirs « démocratiques » n’ont finalement plus de pouvoir du tout ; Mais cette réponse aurait au moins eu la qualité d’un argument réel, car c’est bien de cela dont il s’agit.

Encore aurait-il fallu être de gauche et souhaiter éclairer les citoyens pour avoir l’idée même de donner cette réponse. Car, on le sait, bien que tout le monde connaisse cette vérité, si elle avait été dite officiellement par les « élus démocratiques », cela aurait pu engendrer une prise de conscience de la nécessité de faire cesser cette réalité…

Le Ministre, pourtant issu de la gauche de cette gauche qui est de droite, a été chargé de donner la réponse officielle, courte et sans ambiguïté : « l’Etat ne sait ni fabriquer, ni vendre de l’acier ! ».

C’est touchant et plein de bon sens. Mais qui sait fabriquer de l’acier ? Monsieur Mittal ? Jean pleure de colère et de désespoir. Monsieur Mittal ne sait pas faire autre chose qu’accumuler des profits dans son seul intérêt en utilisant une méthode odieuse mais bien répandue dans le milieu : mensonge, tromperie, corruption et exploitation de milliers de salariés. Enlevons lui les ingénieurs, les techniciens, les ouvriers de ses usines et mettons le au fourneau., Monsieur Mittal sortirait-il un centime d’acier qu’il pourrait vendre dans le monde ?

Par ailleurs, depuis la libération, en 1945, l’Etat a fabriqué et vendu des automobiles pendant 30 ans, a produit et vendu de l’électricité pendant 60 ans, a fait voler des avions pendant 40 ans, a fait rouler des trains pendant 60 ans, nous a apporter le courrier pendant plus de 60 ans et bien d’autres choses encore et toujours avec un succès incontestable sur le plan social et économique.

Un Etat qui ne sait plus que faire la guerre et collecter l’impôt nous ramène au Moyen-âge, l’époque des Seigneurs, des vassaux et des serfs.

C’est, en tout cas ce que Jean pense.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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